Touchez pas au statut de nos potes!

Les temps sont durs et pour nos collègues cheminots et pour les usagers de l‘autre côté de la frontière française.

Le 22 mars 2018 a débuté un mouvement social, suivi d‘une grève perlée qui devrait se poursuivre jusqu‘au mois de juin. Sur l‘appel commun des syndicats CGT, UNSA, Rail Sud et CFDT, plus de 25 000 manifestants sont descendus dans les rues de Paris. La grogne est forte.

Le Président Soleil

et son entourage ultra-libéral cherchent à réformer la société nationale des chemins de fer français (SNCF); une fois de plus!

Selon les dires du Premier Ministre Edouard Philippe, la SNCF serait „dans une situation alarmante, pour ne pas dire intenable.“ Il semble cependant avoir oublié que la SNCF a su doubler son bénéfice à un montant de plus de 1,3 milliard €. De plus il paraît que le ministre de l‘économie Bruno Le Maire ait proclamé vouloir acquérir 100 nouveaux TGV chez le constructeur nouvellement fusionné Alstom-Siemens. Bizarre, car la SNCF est plutôt en train de rationaliser son parc de TGV. Ne s‘agirait. Il pas ici d‘un geste afin de renforcer l‘amitié franco-allemande entre politiques? Honi qui mal y pense!

Au niveau des infrastructures le réseau français se retrouve avec 4 500km de voies ralenties. Mais les décideurs avaient certainement raison d‘axer les efforts sur le lancement simultané de 4 nouvelles LGV (lignes grande vitesse). L‘entretien et la maintenance, ben, on verra par après! (sarcasm off)

Gare à la société anonyme!

Or, on a compris: tout va mal! Mais vous, splendide élite politique, vous avez la solution. Vous cassez tout et puis vous faites semblant de tout regrouper à nouveau. SNCF, SNCF Mobilités et SNCF Réseau constitueraient alors une société nationale à capitaux propres. Et la forme juridique serait celle d‘une société anonyme. Ce qui veux dire que les ls auxquels les entités sont suspendues, peuvent facilement être coupés.

Qu‘une telle structure met en danger un service public efficace et de haute qualité, ne semble pas encore avoir traversé votre esprit.

Et le statut du cheminot: au bûcher!

Oui, c‘est cela! En écoutant les forces libérales, les frénétiques de la libéralisation, il faut éradiquer ce mal pestilentiel qui depuis des décennies empoisonne l‘essor économique du ferroviaire.

Ces radieux et jeunes cadres dynamiques, bourrés de calculs de rentabilité et de maximisation de profit, ne connaissent rien aux racines du cheminot et de son statut.

Il ne savent pas:

  • que les métiers du rail n‘existaient et n‘existent toujours pas sur le marché du travail;
  • que les formations spécifiques continuent à se faire en interne, et ceci encore en l‘an 2018;
  • que d‘antan les patrons ont reconnu très vite les risques des métiers du cheminot;
  • que d‘antan les patrons avaient compris qu‘être cheminot signifiait faire partie d‘une grande famille, où on s’identifiait avec le ferroviaire.

Cette main d’œuvre qui doit constamment être à la pointe du progrès et de la sécurité, est donc la plus grande plus-value de l‘entreprise. On ne peut la trouver nulle part ailleurs.

Et c‘est toute cette philosophie du donnant-donnant qui est inscrite dans le statut du cheminot.

Les aristocrates administratifs eux se tuent à parler de flexibilité, mais elle est déjà là, malgré ce statut tant détesté.

La flexibilité on la vit chaque jour. Comment pourrait-on sinon satisfaire aux législations européennes en matière de certification, comment pourrait-on réaliser de grands projets d‘infrastructures? Les cheminots endossent la flexibilité: les séances de travail de 10 heures, les plannings de travail irréguliers, les rappels fréquents sur le lieu de travail, le travail posté de nuit. La contre-partie est la garantie d‘emploi, une évolution de carrière et pour certaines catégories un départ en retraite prématuré.

Il est clair que pour nous, cheminots, indépendamment du pays,
le statut est intouchable.

Il demeure le garant de la paix sociale, offrant des emplois sûrs, permettant une évolution professionnelle positive, garantissant des formations à la pointe du progrès et offrant des conditions de travail adéquates et des salaires décents.

Le statut du cheminot accouplé aux contrats de service public offrent un service de qualité et de haute sécurité.

Donc, à travers ces lignes, nous faisons également appel aux hommes et femmes politiques du Luxembourg à garder ces points en mémoire, lors des prochaines négociations sur le contrat de service public de transport de voyageurs par chemins de fer et par route, ainsi que le contrat de gestion de l‘infrastructure ferroviaire qui expireront le 31 décembre 2024.

mb